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 Explication sur l'excommunication

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Adso
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MessageSujet: Explication sur l'excommunication   Dim 17 Mar - 23:33

Citation :


    De l'excommunication épiscopale
    La nature, les effets & les conséquences pour les fidèles qui en sont frappés.



    L’excommunication épiscopale est une sentence prononcée par l’autorité pontificale ou par délégation, l’autorité cardinalice, au nom de l’Église de Dieu, et avec la puissance du Très-Haut, de qui le premier apôtre Titus reçu le pouvoir de lier et de délier sur la Terre. Il s’agit d’une censure ecclésiastique qui exclu le fidèle de la communauté aristotélicienne et en vertu de laquelle il se trouve privé des biens qui cimentent la société des fidèles. Cette condamnation, dans son caractère majeur, est plus qu’une séparation communautaire physique qui interdirait au condamné la pratique sacramentelle de l’Église, elle revête une fonction spirituelle médicinale par un véritable abandon du fidèle au monde de la Bête-Sans-Nom.

    Cette mise à l’épreuve dans l’antre du monde sélénite expose le fidèle excommunié à l’expérimentation d’une situation invivable, car hors des grâces de Dieu, et le pousse d’elle-même à s’en dégager. La pleine expérience spirituelle du mal et du pouvoir mauvais qui domine le monde en dehors de l’Église ne peut que provoquer chez lui l’ardent désir de réintégrer la communauté qui lui apporte vie et sécurité. L’excommunication provoque la crainte d’une vie éternelle en enfer, et confronte le fidèle aux malheurs qu’il a engendré par ses propres actions contre-vertueuses.

    Pour le fidèle baptisé, l’état d’excommunié est une situation conflictuelle et de violence, non pas sociale, mais personnelle et spirituelle. Cette situation est à la foi châtiment et pénitence, peine et remède, en ce qu’elle punit l’homme par une situation de tourments, et le soigne spirituellement en le plaçant devant ses erreurs et dont il ressent les effets par la souffrance punitive. Par ailleurs, l’excommunication, qui est une privation de la communion des fidèles, porte tout autant sur les rapports spirituels que physiques des hommes. De ce point de vue l’excommunication est une peine sociale ; mais elle est spirituelle quand elle interdit désormais aux fidèles de bénéficier des suffrages de la communauté militante et triomphante, suffrages qui aident à conserver les fidèles sur le chemin de la vertu et à le protéger contre les agressions du malin et la haine des princes sélénites. L’excommunié de jouit plus de la Grâce spéciale que le Très-Haut accorde au travers de l’Action Divine et de l’œuvre des Saints. La peine d’excommunication est abandon à la Bête-Sans-Nom, dans la mesure où celle-ci acquiert un pouvoir plus grand de se déchaîner contre le délinquant.

    La fonction médicinale de l’excommunication réside, elle, davantage dans l’effet spirituel de cette dernière que dans son effet social : c’est par la connaissance expérimentale de sa misère spirituelle que le pécheur est susceptible de prendre conscience de la mesure de sa faute. Privé de la communion des fidèles et des Saints, de la Grâce spéciale de Dieu et du culte sacramentel, le fidèle excommunié cherchera à quitter sa situation tourmentée et reviendra inexorablement vers le sein ecclésial dont il ne saurait se passer pour vivre sereinement. Car en vertu du prime sacrement qu’est le baptême et de l’entrée dans la communauté aristotélicienne, la vie du fidèle exige spontanément de se développer et d’être nourrie dans la Vérité et l’Église de Dieu qui est Celle qui administre les sacrements au nom du Tout-Puissant et se fait la Voix de Sa parole.

    Il existe diverses excommunications, certaines plus graves que d’autres. L’excommunication est un terme générique qui tend à se substituer au terme de « censure ecclésiastique », mais qui pourtant n’est qu’une partie de cette dernière catégorie. On distingue ainsi plusieurs censures ecclésiastiques que sont l’indexation, la suspense, l’interdit, l’excommunication et l’anathème. Au sein de celles-ci, l’excommunication est la censure qui revête un caractère plus particulier, car elle tend à séparer le délinquant de la communion des fidèles, ce qui n’est pas le cas des précédentes. Et parce qu’il s’agit de la peine la plus sévère qui puisse toucher le fidèle, on distingue au sein de cette censure l’excommunication mineure et l’excommunication majeure. Par ailleurs, selon la faute commise, on distingue ainsi l’excommunication latae sentencia de l’excommunication ferendae sentenciae

    La première des distinctions parle d’elle-même. Il existe des crimes plus graves que d’autres qui engendrent une peine proportionnelle au délit. L’excommunication mineure comme l’excommunication majeure peut-être aussi bien latae que ferendae sentencia. C’est dans les conséquences sociales et spirituelles que leur caractère diffère. Ainsi, une excommunication mineure engendrera une exclusion du culte sacramentelle et de la communauté des fidèles, tandis qu’une excommunication majeure engendrera une exclusion de la communauté et de la communion des fidèles. Par ailleurs, le délinquant se verra exclu des grâces spéciales de Dieu. Le sacrement du baptême est suspendu dans ce dernier cas, ainsi que celui du mariage, de la réconciliation et des funérailles.

    La différence entre l’excommunication latae et ferendae sentenciae réside dans une certaine forme de gravité de la faute, mais surtout dans le caractère patenté de celle-ci, ou suite à des monitions générales et perpétuelles. Les cas d’excommunication latae sentencia sont pratiquement tous clairement définis. Il s’agit d’un acte qui par nature patente et intrinsèque contrevient aux lois les plus élémentaires de l’Église. Brûler le Livre des Vertu intentionnellement, souiller de ses excréments l’autel de l’amitié au sein d’une église, ou renier publiquement un point fondamental des dogmes (par exemple, que Aristote est un prophète), est un acte dont la nature et l’action même délivre un message clair d’insulte et de reniement. Les cas d’excommunication ferendae sentencia font suite systématiquement à un procès par devant les tribunaux d’Église alors que ce n’est pas systématiquement, voire jamais, le cas des excommunications latae sentencia. C’est une excommunication qui sanctionne l’entêtement du délinquant dans son erreur, erreur définie et démontrée par le tribunal ecclésiastique. C’est par la non reconnaissance du magistère de l’Église et du pouvoir d’interprétation et d’édiction des règles que le délinquant spirituel est condamné pour apostasie.


    Aaron de Nagan,
    Cardinal.


_________________
Cardinal émérite - Archevêque de Cambrai
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